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Ce moment où le roman échappe à son auteur

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Envol-1ere-MDepuis un mois tout juste, le roman est paru et je commence à avoir de très beaux retours de lecteurs. Pour quelle raison se sent-on concerné par un roman ? Qu’est-ce qui va nous décider à l’acheter ? C’est toujours un peu mystérieux… Dans le cas précis, le roman doit son existence à une catastrophe aérienne survenue sur le mont Blanc en janvier 1966 où beaucoup d’Indiens ont péri. Quand on connait la région, que l’on a peut-être crapahuté sur le glacier des Bossons, on comprend tout de suite ce dont je parle dans certaines pages. Une blogueuse spécialiste de l’Inde a retrouvé l’Inde qu’elle aime, mais a aussi découvert d’autres aspects de ce fascinant pays. Quelques lectrices ont été étonnées d’apprécier la civilisation parsie, alors qu’elles sont imperméables à tout fait religieux, d’autres ont été touchées par l’histoire d’amour en pointillé entre l’écrivain et la fille de la belle Indienne trouvée sur le glacier. Je pourrais ajouter tellement de raisons qui ont fait aimer ce roman, dont certaines m’ont parfois surprises. C’est là que j’ai compris que mon livre ne m’appartenait plus. J’ai mis des années à l’écrire, mais maintenant il a pris (sans jeu de mot) son envol, et je lui souhaite bon vent !

Il a touché le cœur de certaines libraires qui ont mis leur petite marque sur la couverture, certaines blogueuses ont écrit de très belles critiques, très fouillées, et j’ai eu droit à un bel article de Pauline Moisy dans le Dauphiné libéré du 25 octobre.

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Pour décider si vous allez lire ou non L’Envol du sari, ou l’offrir parce qu’il est très beau, voici les coups de cœur et critiques :

Coups de cœur de libraires (les plus récents d’abord) :

Critiques (les plus récentes d’abord) :

La Grande Roue de Diane Peylin : sidération et engrenage

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Diane Peylin place son magnifique roman La Grande Roue sous les auspices de la Métamorphose de Frank Kafka :

 En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. […]

Qu’est-ce qui m’est arrivé ? pensa-t-il. Ce n’était pas un rêve.

La-grande-roue_002Qu’est-ce qui m’est arrivé ? pense Emma : elle a trouvé le Prince Charmant au pied de la Grande Roue, et voilà que celui-ci, au fil d’événements qu’elle ne comprend pas, se transforme en tortionnaire après la naissance de leur premier enfant, et ce n’est pas un mauvais rêve.

Tous les personnages nous sont présentés dès la première page du roman : Tess, Emma, David et Nathan.

Emma est le seul personnage qui avance dans son histoire avec ces marqueurs temporels précis : la date exacte de sa rencontre avec Marc,  la progression rapide de leur histoire d’amour, avec ses débuts lumineux : un vrai conte de fée ! Puis l’isolement, l’évolution incompréhensible de Marc, devenu son mari, à la fois amoureux et amant grandiose qui glisse vers le dégoût devant son corps marqué par la maternité. Tout est dit avec une finesse et une force confondantes. La prison de l’amour, le désir de « guérir » celui qui est malade, l’acceptation des coups, tout. On vit la descente aux enfers d’Emma en apnée. Lire la suite

La grande roue
Diane Peylin
Les Escales, janvier 2018, 256 p., 17,90 €
ISBN : 978-2-36569-352-3

L’œil de la nuit de Pierre Péju : les ombres grises d’un roman sur la psychanalyse

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l'oeil de la nuitQuel beau titre que L’œil de la nuit, le dernier roman de Pierre Péju publié aux éditions Gallimard ! Il évoque la solitude de ceux qui ne dorment pas et scrutent le monde, leurs questionnements durant ces heures grises où les questions qui les hantent défilent sans apporter de réponses.

L’auteur a choisi de nous raconter la vie d’Horace Frink, « né en 1883 et mort en 1936 dans un oubli complet » nous apprend la quatrième de couverture.

Les personnages dont on connaît peu de choses sont du pain béni pour le romancier : il peut leur inventer une vie à sa mesure, et pour peu que les éléments biographiques connus l’aident un peu, c’est parfait. Dans le cas présent, Horace Frink représente les débuts de la psychanalyse en Amérique, il a été analysé par Freud (avec de piètres résultats) et il a eu une relation avec une de ses richissimes patientes, Angelica Bijur qui a aussi consulté Freud.

Les cailloux biographiques virent aux diamants bruts ! Des rencontres avec le maître de la psychanalyse, il était facile de glisser à la première visite américaine de Freud accompagné de Jung et de Ferenczi en 1909 : pourquoi Frink ne servirait-il pas de guide au maître ?

La vie d’Horace Frink s’inscrit dans une période particulièrement riche et troublée de l’histoire mondiale, et celle-ci fonctionne comme un balancier : pendant que l’Europe est à feu et à sang, l’Amérique connaît une période de prospérité et de mutations accélérées, puis, quand l’Europe se relève et connaît ce qu’on a appelé les années folles, l’Amérique subit la grande dépression, la prohibition, une sorte de retour en arrière et d’effacement des acquis.

Le cadre du roman est donc très riche, et nombre de descriptions sont foisonnantes, aussi minutieuses que des miniatures. Et le héros, comment l’auteur va-t-il nous le présenter ?

Les débuts du petit Horace dans la vie ne sont pas faciles : comment aurait-il trouvé sa place d’enfant dans la relation amoureuse entre sa mère, fille d’un médecin reconnu, et son père, bellâtre ambitieux et sans scrupules qui, après l’incendie de sa fonderie, abandonnera ses enfants à leurs grands-parents ? Détresse de l’abandon, traumatisme de l’incendie qui reviendra comme un leitmotiv dans l’histoire. On peut s’étonner que le petit frère disparaisse dès que les deux enfants sont installés chez leurs grands-parents, mais l’auteur est libre de ses choix.

Dès son enfance, Horace fait la connaissance de Doris, son ange gardien qui deviendra sa femme. Bien sûr, il fallait un contrepoint lumineux à la maîtresse à venir, la vénéneuse et richissime patiente Angelica Bijur. La première est blonde, douce, avec des yeux bleus, la seconde est brune, excentrique,  avec des yeux noirs, bien sûr. Le jour et la nuit, et au milieu, l’œil de la nuit qui ne sait que choisir quand toutes les ombres sont grises.

Et les ombres sont nombreuses, qui cernent Horace et le fragilisent.

Au départ le personnage est intéressant parce que complexe : il oscille entre la séduction et le repli sur soi, préfère passer des heures dans les bars plutôt que de rentrer chez lui où l’attend son adorable femme et son fils, c’est également un chirurgien raté qui se tourne vers la neurologie à cause d’un stupide accident qui le laisse un doigt paralysé, puis vers la psychanalyse pour résoudre ses problèmes personnels. Au bout de quelques chapitres l’intérêt pour le héros névrosé s’émousse quelque peu, parce qu’il est noyé au milieu de tout ce que l’auteur a voulu offrir à ses lecteurs. Le héros fait les frais de cette abondance et devient inconsistant.

En fait, j’ai eu souvent l’impression que l’auteur hésitait entre description minutieuse de cette Amérique qui le fascine, besoin de décrire les débuts de la psychanalyse en Amérique, et reconstitution de ce destin qu’il voulait mettre en pleine lumière. Il s’est fatigué, dans cet épais roman, à tout restituer et à ne pas choisir. Est-ce que la crise d’énurésie de Freud dans le métro new-yorkais était utile à l’économie du roman ? Est-ce que les démêlés mesquins du maître avec Jung et Ferenczi , ses manipulations supposées, devaient être traitées ainsi ? Je ne suis pas sûre.

Pourtant, il y a l’écriture de Pierre Péju, ces phrases ciselées, qui coulent de source, s’emballent parfois dans la virtuosité.

Il y a les déchirements d’Horace, toujours entre deux femmes, entre le jour et la nuit, entre deux classes sociales. Sa patiente et maîtresse le fait pénétrer dans les plus hautes sphères de la société, celles qu’il méprise et qui le fascine. Horace n’est jamais vraiment à sa place, avec une sorte de sentiment d’imposture lorsque, psychanalyste, il n’a pas l’impression d’être utile, mauvais père, mauvais mari, mauvais médecin. Ces déchirements m’auraient personnellement plus intéressée que nombre d’anecdotes inutiles à la dimension émotionnelle du texte. Aucune analyse ne permettra à Horace Fink de trouver vraiment sa place, jusqu’au suicide final, un peu théâtral mais émouvant quand même.

Le début du roman m’a beaucoup plu, je me suis réjouie de découvrir cet anti-héros fragile, mais très vite l’absence de choix a brouillé le texte.

Il est périlleux de vouloir écrire un roman-monde, un auteur doit s’arracher parfois les plus belles pages pour conserver l’économie du texte. Emballé par son travail de recherche, l’auteur nous a donné des morceaux de bravoure, mais Paris et Vienne sont devenus des décors de films. Où est passé Horace Fink, l’homme fragile et torturé qui a abandonné sa famille pour aller voir Freud et a accepté l’argent de sa maîtresse ? Dans la description du luxueux transatlantique ? Dans les rencontres qu’il fait avec Valéry Larbaud et autres ? Pas de remords, de déchirements ? Juste l’utilisation des travellers chèques d’Angelica comme un maquereau de bas étage ?

Le dernier chapitre est plus mélancolique, le héros, avant de mourir, retrouve cette inéluctable fragilité qui le rendait attachant au début, enfin un peu de chair avant que celle-ci ne finisse.

Car la mort, à présent, il la porte à la surface même de sa vie, sur son corps amaigri, comme une griffure qui devient doucement une plaie. (p. 410)

L’œil de la nuit
Pierre Péju
Gallimard, octobre 2019, 432 p., 22 €
ISBN : 978-2-07286210-6

Rencontres au sommet : Patrick Gabarrou et consorts

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La plupart des séances de dédicaces dans les librairies donnent lieu à de riches échanges, mais vendredi passé, à la librairie Jules et Jim à Cluses, ce fut particulier. C’était le rush des cadeaux de Noël, le moment où chacun(e) s’active à trouver le livre qui fera plaisir à la personne que l’on aime. Aucune solitude malgré la pluie diluvienne pour l’écrivain devant sa petite table.

Une dame s’est approchée : son mari était alpiniste, elle voulait lui offrir L’Envol du sari. Une autre écoutait. Lorsque la première m’a demandé si j’avais rencontré des alpinistes, je lui ai parlé de l’une des premières versions du roman où je mentionnais Patrick Gabarrou, « l’homme aux trois cents premières ». La deuxième personne est intervenue : elle connaissait bien le guide dont je venais de parler, son père avait fabriqué les premiers crochets en aluminium qui ont remplacé les crochets en fer forgé, et c’est Patrick Gabarrou qui les avait testés ! Nous nous sommes mises à échanger, toutes les trois ; je ne connais rien à la haute-montagne, j’ai le vertige, et là, en face de moi, deux femmes dont la montagne était partie intégrante de leur vie… Qu’est-ce que cela fait au quotidien d’être l’épouse d’un guide de haute-montagne ? Qu’est-ce que cela fait de voir la vie de toute sa famille tourner autour de la montagne ? Lire la suite

Le bal des folles, de Victoria Mas : plongée dans la folie féminine et la cruauté des hommes

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Fut un temps où des mendiantes croupissaient au fond d’une cellule et se faisaient mordre les doigts et les orteils par des rats. […] Fut un temps où une femme adultère pouvait être enfermée pour la seule raison qu’elle était adultère. L’hôpital a aujourd’hui l’apparence apaisée. Mais les spectres de toutes ces femmes n’ont pas pour autant quitté les lieux. C’est un endroit chargé de fantômes, de hurlements et de corps meurtris. Un hôpital où les murs seuls peuvent vous faire devenir folle si vous ne l’étiez pas en arrivant.

Bal des follesPour son premier roman, Victoria Mas a choisi la Salpêtrière au temps où l’immense hôpital était peuplé d’aliénées, au temps du docteur Charcot et de ses célèbres expériences sur les malades. Cela rappelle beaucoup La salle de bal d’Anna Hope, même époque, même oppression des faibles, même façon d’interner ceux qui dérangent. Plus troublant encore : la salle de bal… S’agit-il de la même façon de traiter la folie ?

L’autrice reconstitue de manière très réaliste l’atmosphère des lieux, les amphithéâtres où les hommes viennent assister aux séances du célèbre professeur, cette fin du XIXe siècle. Lire la suite

Le bal des folles
Victoria Mas
Albin Michel, mois année, 256 p., 18,90 €
ISBN : 978-2-226-44210-9

Domovoï, de Julie Moulin : une magnifique ode à la Russie et à l’amour filial

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Il est habituel dans les milieux littéraires, de dire ou d’écrire que les lecteurs sont toujours déçus par le deuxième roman d’un auteur, que celui-ci ferait mieux d’enjamber cet obstacle et de sortir directement le troisième. Domovoï est le deuxième roman de Julie Moulin, et il est magnifique.

DomovoiLe domovoï qui donne son titre au livre est l’esprit protecteur de la famille et du foyer russes, (domoï c’est la maison en russe), mais ce petit génie ne se montre pas toujours sympathique, il peut jouer des tours cruels s’il estime que l’on ne s’est pas assez bien occupé de lui. C’est

Une sorte de nain barbu, griffu, au regard oblique dont la reproduction sur d’anciens livres en cyrillique me gardait éveillée jusque tard dans la nuit. J’espérais à ne jamais le rencontrer pour de vrai.

Anne, la mère de Clarisse, la narratrice du roman, l’a ramené de Russie avant la naissance de cette dernière. Anne est morte depuis dix ans. La jeune fille habite Paris avec son père, elle étudie à Sciences Po : amis, amours au stade velléitaire, difficultés à trouver sa place. De sa mère disparue, Clarisse garde le souvenir d’une femme fantasque, habitée par la Russie, au regard souvent éteint. Lorsqu’elle découvre une photo de groupe où sa mère a l’air si heureuse, la jeune fille décide d’effectuer son stage de Science Po en Russie. Devant son obstination, son père s’incline mais s’arrange pour lui baliser le parcours, lui qui a connu sa femme lors d’un stage à l’ambassade de France à Moscou. Veut-il offrir à sa fille l’occasion de découvrir par elle-même un pan de l’histoire familiale qu’elle ignore ? Veut-il l’aider à grandir ?

Le roman se construit alors en strates historiques et romanesques alternées : un chapitre pour le Moscou de 1993, lorsque Anne débarque dans un pays qui sort à peine du communisme ; un autre pour le Moscou de 2015 quand sa fille découvre la ville à son tour. D’un côté magouilles pour survivre et fossé qui se creuse entre les affairistes de l’économie de marché et ceux qui restent au bord de l’histoire, avec la rudesse des gens en réponse à la dureté des temps. Anne a débarqué, elle attend longuement que deux babouchkas lui rendent son passeport :

Elle est en Russie. Elle touche au but. Il faut juste attendre le retour des deux Russes. Les voici justement, assurées sur leurs chaussures de mauvaise confection, fortes de tenir en main le destin d’une passagère parisienne. Elles aimeraient sans doute pouvoir s’y rendre, à Paris, arpenter les Champs-Élysées dans de meilleurs souliers. À défaut de pouvoir s’évader, elles usent et abusent du pouvoir de tamponner ; en Russie, il suffit parfois d’avoir de l’encre et un bon coup de main pour régner et posséder.

Cette expérience, Anne la fera plusieurs fois, tant, face à la pénurie permanente, l’appétit pour la richesse supposée de la jeune occidentale s’aiguise.

De l’autre, dans une Russie désormais clivée par la richesse, sa fille découvre comment ont évolué les amies de sa mère durant cette période dont nous n’avons aucune idée. L’omniprésent Poutine est suivi par la très grande majorité de la population :

Nous voulons que l’Occident nous traite avec plus de considération. Poutine, Rambo comme tu l’appelles, promet au peuple russe de restaurer sa puissance, d’être à nouveau fier de sa patrie. Il y a encore cette idée que la Russie puisse suivre une voie de développement unique. 

Cette alternance de points de vue entre la mère et la fille qui découvrent la Russie à vingt ans de distance donne un éclairage précieux sur l’évolution vertigineuse de ce grand pays. La mère et la fille seront également fascinées par le pays et ses habitants, et se mettront à l’aimer avec passion.

Domovoï serait uniquement un double récit de voyage d’une extraordinaire précision, d’une poésie teintée d’humour et de nostalgie si emblématique de l’esprit russe, avec la restitution très honnête des contradictions de ses habitants qui peuvent se montrer aussi généreux que grossiers, qu’il serait déjà une totale réussite. Mais il y a une autre lecture que cette ode magnifique, cette déclaration d’amour à la Russie. Elle concerne la quête de Clarisse à la recherche de l’existence de sa mère :

Je suis un souvenir avant d’avoir vécu. Je ressemble à l’absente.

Je ne dévoilerai pas l’originalité des ressorts du secret familial auquel la jeune fille sera confrontée, ni sa conclusion douce-amère, mais la façon dont elle va sonder ce qui s’est passé lors du séjour moscovite de sa mère, avec la restitution de l’évolution des amies de celle-ci et ce qu’elles acceptent (ou non) de dévoiler, est particulièrement subtile. Clarisse sortira apaisée de ce séjour : son père lui a offert, avec un immense amour et une très grande générosité (des mots qui reviennent souvent quand on parle de ce roman), les éléments qui lui manquaient pour se construire.

Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective : nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces.

Je n’ai pas encore parlé du style de Julie Moulin. Un mélange d’éléments triviaux et de fulgurances poétiques, des descriptions incroyablement imagées, une très grande finesse de la psychologie des personnages, une pudeur qui sourd à chaque page…

Ce roman d’apprentissage / de voyage / d’amour, de tant d’échos que vous trouverez dans votre propre vie, vous bouleversera, je suis sûre. Quant à moi, je vais lire le premier roman de l’autrice : Jupe et pantalon, toujours aux éditions Alma Éditeur.

Domovoï
Julie Moulin
Alma Éditeur, septembre 2019, 304 p., 18 €
ISBN : 978-2-36279-420-9