Les enfants, les chercheurs et les maths

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On parle beaucoup de la grande misère des chercheurs et la plupart d’entre nous se montrent indifférents aux difficultés des scientifiques, pensant que cela n’a pas d’impact sur notre vie.

V.IzardGrave erreur, et dans des domaines inattendus qui nous touchent de près. Un exemple : les recherches de Véronique Izard sur l’apprentissage des nombres. Ses recherches commencent avec les nouveau-nés : avec une autre chercheuse, Arlette Streri, elle constate que les nouveau-nés âgés de quelques heures à trois jours sont capables de faire la différence entre les nombres 4 et 12. Dès la naissance pratiquement, les petits d’hommes peuvent faire la différence entre « peu » et « beaucoup ». 2 ou 3 représentent peu pour le nouveau-né et tout ce qui est en-dessus est beaucoup. Cette limite augmente ensuite, et les expériences de Véronique Izard continuent, d’abord des bébés de un an puis des enfants en pré-scolarité.

Elle constate qu’avant même d’aller à l’école, les enfants sont capables de gérer les nombres approximatifs, et vous pouvez faire l’expérience à la maison : faites deux tas de bonbons, le premier en contenant quatre et le deuxième douze. Inutile de regarder où vont se diriger les petites mains gourmandes, vous le savez déjà !

Quel est le rapport avec l’apprentissage des mathématiques ? Le passage aux nombres exacts. Lorsque l’enfant fait une addition, il a une idée approximative du résultat. Il a de la peine à comprendre qu’un résultat est faux ou juste. Pour lui, il y a une grande différence s’il s’est trompé de quelques unités ou de plusieurs dizaines, toujours la pensée du peu et du beaucoup. Il faudrait d’autres chercheurs, en pédagogie ceux-là, pour rendre le passage de l’appréhension spontanée du nombre à celle du nombre exact plus facile et plus rapide.

Véronique Izard poursuit ses recherches en direction de la compréhension de la géométrie chez les bébés, mais sa bourse du Conseil européen de la recherche se termine bientôt. Êtes-vous toujours persuadé que les conditions de recherches des chercheurs n’ont aucun impact sur votre vie ?

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3 réflexions sur « Les enfants, les chercheurs et les maths »

  1. alainx

    La fille d’une de mes amies est partie définitivement au Canada où la recherche pédagogique pour les jeunes enfants semble bien meilleure qu’ici…
    Ici le mammouth se meurt lentement….. mais il pompe quand même la moitié de mes impôts….

    1. Nicole Auteur de l’article

      Cela fait des décennies que le Canada est à la pointe du progrès de la recherche pédagogique! Lorsque j’enseignais je me tenais toujours au courant et j’adaptais souvent dans mes classes les éléments qui me semblaient les plus intéressants pour mes élèves.
      Quant à la façon d’enseigner les maths, non, cela ne me touche pas de près et je ne connais pas Véronique Izard. Je crois que je suis seulement curieuse de tout ce qui pourrait se faire et de tout ce qui peut se découvrir au point de vue humain.
      Amitiés
      Nicole

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