Les injures libératrices

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En ces temps instables où le soleil de la mort distille la peur et la souffrance alors que nous aimerions lâcher prise devant la méfiance, je vous propose une série d’insultes tirées du numéro de juin du magazine Causette. Pour ceux et surtout celles qui ne connaîtraient pas encore ce magazine féminin, féministe et engagé, précipitez-vous sur ses articles pleins d’humour, de sensibilité et d’ouverture au monde. Le hors-série sur les faits divers de cet été devrait vous faire du bien…

Causette numero-68Dans L’art de bien insulter, le magazine offrait à ses lectrices des injures destinées à contrer les sournois du bus et du métro, ceux qui vous mettent la main au panier en toute impunité. Qui n’a pas fait l’expérience ? On est serrés les uns contre les autres, un monsieur bien sous tous rapports regarde dans le lointain et son attaché-case vous rentre dans les fesses. Seulement ce n’est pas sa mallette d’employé modèle qui explore votre arrière-train.

Pour un tel individu, mycose rectale et jus de poubelle me semblent fort appropriés. Toujours dans le même dossier, dans la rubrique Petite fabrique des insultes, latin de cuisine et souvenirs de grec ancien aident à fabriquer de savoureuses injures. Je vous donne quelques exemples :

Le fort peu élégant trou du cul devient alvéopyge, peau de vache (votre chef de bureau) se transforme en savant bovinoderme. Si le tyran se conjugue au féminin, celle-ci ne se reconnaîtra pas lorsque vous la traiterez de paléocapridé au lieu de vieille bique, trop identifiable pour des oreilles exercées. Le quinquagénaire libidineux frappé l’alopécie gagnera à se faire traiter d’ovocéphale plutôt que de crâne d’œuf un brin trop usé.

Quant à ceux qui nous font peur, les messagers de la mort imprévisible, ceux qui ne veulent pas mourir tout seuls et veulent connaître leur moment de célébrité, comment les traiter ? Trouvez un dictionnaire divisé en deux par les pages roses des locutions latines, grecques et étrangères. Ensuite fabriquez l’injure la plus violente mais la plus savante que vous pourrez et criez-la au bord de la mer ou d’une forêt, criez-la face à un ciel plein d’étoiles. Si le cri libérateur ne vient pas, écrivez-le avant de le glisser au milieu d’un bouquet de fleurs ou de le poser à côté des bougies. C’est mieux qu’un crachat, vous ne trouvez pas ?

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