Paysage sonore de mon lieu de confinement

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Racontez la vie de votre village ou de votre ville, l’espace d’une journée, à travers ses bruits.

Il est évident qu’en ces temps de confinement, cela change beaucoup de choses ! À défaut de commerces ouverts, la vie peut se réfugier dans les sons : l’heure du merle ou celle du courrier dans la boîte aux lettres, l’heure des pleurs du bébé de la voisine ou de sa radio, etc.

À vous de jouer et de transformer les temps uniques que nous vivons en poésie.

 

L’heure

L’heure du réveil des habitants du passage de la reine de Hongrie

L’heure de l’ouverture du café de la rue du moulin de la pointe

L’heure du ramassage des poubelles de la rue du somme des Alpes

L’heure de l’ouverture de la boulangerie de la rue du roi de Sicile

L’heure de l’extinction des réverbères de la rue du pot de fer

L’heure de l’ouverture de la boucherie de la rue du faubourg du temple

L’heure du lever des enfants de la rue de la poterne des peupliers

L’heure de l’ouverture de la charcuterie de la rue du moulin des prés

L’heure de l’invasion des voitures de l’avenue de la porte d’Orléans

L’heure de l’ouverture du salon de coiffure de la rue des colonnes du trône.

Jacques Roubaud, La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains, Gallimard, 1999

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2 réflexions au sujet de « Paysage sonore de mon lieu de confinement »

  1. Annick Dantzer

    Ils se sont tus: coqs, ânes, crapauds, merles et sirènes. Ils se sont tus le temps d’une respiration, le temps de la dilatation dû au silence grandissant.
    Ce matin j’ouvre ma fenêtre qui donne vue sur la rue principale du bourg, le silence est là, sauf celui d’un rosier en fleurs qui ébrouent ses étamines au nez des passants absents, sauf celui du moteur au loin: tracteur, motoculteur ou bien tronçonneuse ? Tronçonneuse. Quelqu’un, quelque part tronçonne ses heures  à la recherche d’un temps perdu. Quel jour sommes-nous ? Le temps cogne à mes tempes. Je bulle et me heurte aux quatre coins de ma tête. Il faut que j’aille prendre l’air du temps, regarder le vert grandissant du printemps, écouter le tintinabulement des feuilles, entendre le chant des mésanges bleues, entendre le son d’une voix un tantinet familière.
    Mon bourg se terre et se tait durant le confinement. Les quelques passants masqués jouent aux ombres chinoises. Leurs pas feutrés effleurent à peine le sol du trottoir, leur enfer, intentionnellement pavé de bonnes intentions.

    1. Nicole Giroud Auteur de l’article

      On ose à peine émettre un bruit supplémentaire. Les humains glissent sur ce beau silence peuplé par la nature et les rares travailleurs….

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