Porte-coton, une profession d’avenir ?

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Hyacinthe Rigaud

Hyacinthe Rigaud

Il ne s’agit pas d’un petit accessoire au design épuré chargé de porter de jolies boules de coton de couleur pour le démaquillage de madame, non, il s’agit d’un homme, plus exactement l’officier de la garde-robe qui présentait la serviette au Roi-Soleil pour qu’il puisse torcher ses augustes fesses. La serviette souillée était ensuite remise sur un plateau et l’officier – jamais un noble de rang élevé  s’éloignait dignement.

Le porte-coton de Louis XIV a été aboli à la Révolution puis rétabli par Louis XVIII et Charles X.

Depuis, le papier journal déchiqueté après avoir été lu dans les cabinets a remplacé la serviette et le malheureux officier. La modernité nous a apporté ensuite le papier de toilette dans un solide dérouleur en bois et les cabinets au fond du jardin ont disparu au profit de la confortable cuvette que nous connaissons, dans un lieu privé (et chauffé) où d’aucuns lisent toujours le journal mais ne le déchirent pas…

Désormais le papier de plus en plus absorbant et moelleux nous attend dans son dérouleur design comme une sorte de nostalgie inconsciente de la serviette du Roi-Soleil.

Et le porte-coton, me direz vous, est-il tombé en désuétude ? Pas exactement. Le porte-coton moderne sert quotidiennement aux médecins, il s’agit d’une tige métallique élastique sur laquelle on enroule du coton pour mieux atteindre une plaie, ou retirer des sécrétions dans les cavités naturelles, oreilles ou vagins par exemple.

Ah, j’oubliais ! Un porte-coton, par extension, est un homme méprisable, prêt à toutes les basses besognes. Dans le même ordre, certains militants sont prêts à servir de serpillière aux dirigeants politiques dans l’espoir de progresser dans la Carrière. Le Roi-Soleil connaît de nombreux héritiers, et la cour républicaine ne manque pas de porte-coton.  Le mot est invariable, mais l’espèce est multiple.

(Vu 37 fois)

4 réflexions au sujet de « Porte-coton, une profession d’avenir ? »

  1. Eric

    Qu’est-ce qu’il fallait pas tout faire pour satisfaire le roi !

    Au fait l’expression l’enfant roi ne vient pas de là quand même ? Lorsque l’on nettoie le popotin de nos chers enfants

    Ce souriant sujet me ramène des années en arrière, dans le jardin de nos grands parents. Il y avait cette fameuse cabane, lieu d’isolement pas très chaleureux d’ailleurs ! Il y a quelques temps, lors de la visite dans un musée rural, il y avait une reconstitution de ce fameux toilette, bien sûr là tout est nickel !
    En lien la photo : https://postimg.org/image/41n7una43v/

    1. Eric

      Juste un complément à votre publication Nicole.
      Je viens de terminer le livre de Christian Bobin « Les ruines du ciel », il y a un extrait qui m’a interpellé par rapport à votre sujet. Le voici :
      « Le roi est à Versailles plus couvert de courtisans qu’un âne de mouches. Il tient audience jusque sur sa chaise percée d’où s’échappent comme des décrets divins les fumets de ses entrailles, pendant qu’à Port-Royal les solitaires font de leur cœur, aéré par le mouvement tournant des pages lues, une volière vibrante de lumière blanche. »

      1. Nicole Giroud Auteur de l’article

        C’est magnifique, cette évocation de Port-Royal opposée à celle de Versailles, la « Volière vibrante de lumière blanche » et l’âne couvert de mouches à m….
        Christian Bobin au plus évocateur, comme si souvent. Magnifique auteur, poésie vibrante. Je n’ai pas lu le recueil que vous citez, et il est si parfaitement approprié au sujet que c’est troublant.

  2. Edmée De Xhavée

    Oh quel triste métier! Qui a envie de dire que son ancêtre était le porte-coton de Louis XIV? 😀 …

    Il y avait bien ceux qui portaient le seau à pipi… ciel, ça ne devait pas être drôle du tout!

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