Les loyautés.
Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres – aux morts comme aux vivants –, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.
Ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.
Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. (p. 7)
Ainsi s’exprime Delphine de Vigan en prélude à ce roman coup de poing, cet objet noir et brillant où la vie s’exprime en actes violents, révoltes avortées, souffrances souterraines, invisibles aux regards des autres.
Ils sont quatre à s’exprimer dans ce qui est une juxtaposition de points de vue, dans un jeu subtil de regards et de personnes. Dans Les loyautés les deux protagonistes principaux sont deux jeunes garçons, Théo et Mathis, qui ont bientôt treize ans. Ils sont à la fois les objets et les sujets de l’inquiétude et de l’observation des deux adultes. On les voit dans leur cachette sous un escalier, on les voit penser, louvoyer, tenter de se trouver un espace personnel ; et ce n’est pas innocent si l’espace de liberté qu’ils ont trouvé est une espèce de cagibi condamné par les adultes de l’école. Continuer la lecture

Anna Hope nous livre, avec son deuxième roman La salle de bal, une page méconnue de l’histoire anglaise, celle de la tentation de l’eugénisme et de la stérilisation des personnes faibles d’esprit. C’était une des idées fortes de Winston Churchill alors ministre de l’intérieur : stériliser un grand nombre de Britanniques pour l’amélioration de la race anglaise et de la société. C’était une période de grandes grèves, de tensions économiques majeures, un moment où tout un peuple pouvait basculer dans l’insurrection ; ceci explique peut-être cela mais ne le justifie en aucun cas.
Quel livre magnifique ! Je l’ai commencé ce matin très tôt, le corps douloureux et l’âme pleine de bleus ; je l’ai terminé tout à l’heure, apaisée, une lumière dans cette grise journée, et je ne peux m’empêcher de vous faire partager mon enthousiasme et mon émotion.
Voici un extrait de la quatrième de couverture qui est plutôt un résumé de Point cardinal, le dernier roman de Léonor de Récondo.