L’ultime robot consolateur

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Brève vertigineuse

Nous connaissons tous Paro, le craquant petit robot japonais qui fait fondre les pensionnaires des maisons de retraite, avec ses yeux immenses et sa fourrure toute douce de bébé phoque. Il pousse de petits cris, bouge ses nageoires, suscite tant de sympathie que même les résidents les plus perdus ressentent de l’affection pour lui.

Paro, l’ami de nos vieux jours, peut-être.

Nao, lui, mesure une cinquantaine de centimètres, une sorte de R2D2 aminci, avec un physique plus humanoïde, danse et parle comme un enfant. Il est français, peut-être un peu moins touchant que Paro, mais il sort les résidents de leur nuit, lui aussi. Une aide précieuse pour les médecins et les soignants. Les patients atteints de la maladie d’Alzeimer sont plus calmes. Nao aide également les enfants hospitalisés ou autistes, sa grande force est d’être polyvalent.

Ces robots sont précieux pour tous les soignants, pour les malades et leurs familles, une réussite de la robotique, lorsqu’il y a de moins en moins de personnel soignant pour prendre en charge l’angoisse des malades.

 Cette pénurie de soignants empathiques conduit cependant à d’étranges recherches. Au Japon toujours, on a inventé une sorte de main robotisée reproduisant les sensations d’une main humaine pleine de douceur et de tendresse. Elle est destinée en priorité aux hommes esseulés mais peut être employée dans les maisons de retraite.

Et que penser de ce prototype américain qui travaille sur un robot spécialisé dans la fin de vie : il caresse le bras du mourant et ce dernier entend un discours rassurant, du type « Je suis avec toi, je t’accompagne, n’aie pas peur »…

Où se trouve notre humanité si nous déléguons aux machines les derniers moments de la vie de ceux qui nous l’ont transmise, ceux qui nous ont aimés, consolés de leurs bras aimants ?

« Je suis avec toi, je t’accompagne, n’aie pas peur »… Des bras pleins de douceur et d’amour, la chaleur d’un parent plein de sollicitude, et au bout du chemin cet ersatz  de présence humaine au moment du grand passage.

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