Archives de l’auteur : Nicole Giroud

Une belle critique sur Amazon

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« Prêtre et résistant: un récit passionnant et fouillé sur la seconde guerre et l’engagement, 10 octobre 2012, par floweb (Lausanne, Suisse)

Un très beau livre bien documenté qui parle de la seconde guerre mondiale, pour la France du côté d’Annemasse ainsi que pour la petite Suisse qui essaie de se débrouiller au milieu du marasme.

Le héros est un jeune prêtre qui s’obstine à obéir à sa conscience plutôt qu’à sa hiérarchie. Les conflits moraux auxquels il est confronté nous concernent tous. La résistance dans laquelle se lance le jeune homme est un combat permanent fait de solitude et de solidarité. Son statut de religieux ne lui épargne pas les pires traitements lorsqu’il est pris. Pourtant même le récit des tortures qu’il endure est cohérent avec son désir de vérité et son engagement pour la résistance.

J’ai beaucoup aimé cette biographie dans laquelle l’auteure intervient parfois pour mentionner l’absence de sources ou des oppositions dans les témoignages. Louis Favre est magnifique. Ses relations avec sa famille et sa congrégation sont complexes et l’auteure les décrit de manière très respectueuse.

Un livre à recommander si on s’intéresse à la frontière, si on veut une fenêtre sur la vie pendant la seconde guerre mondiale, si la religion nous importe ou si elle nous insupporte. A lire parce qu’il s’agit de l’histoire d’êtres humains. »

Par floweb.

L’article originel est ici.

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La lettre de François Delpla

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L’historien spécialiste d’histoire contemporaine François Delpla, auteur de nombreux ouvrages, a rendu compte de « Mission et calvaire de Louis Favre » sur son site très documenté sur la seconde guerre mondiale.

Un extrait du début et de la fin de son article:

« Assurément l’une des belles surprises de l’année. Une enseignante de lettres, habitant un village de Haute-Savoie, se lie d’amitié avec son plus vieil habitant, qui se révèle être le frère d’un résistant fusillé en 1944. Il finit par lui transmettre les papiers et les photos conservés par la famille, et par lui demander d’entretenir le souvenir du héros. Elle se met au travail et reconstitue son parcours, aidée par des historiens, des archivistes, des religieux de la congrégation de Louis Favre et des compagnons de résistance ou leur famille, des deux côtés de la frontière franco-suisse.

[…]

Ce livre est une monographie qui pourra rendre de grands services, non seulement pour compléter l’histoire de la Résistance dans une région stratégique, mais pour débrouiller la question complexe de la relation de l’Eglise catholique avec le nazisme, en général et dans deux pays, la Suisse et la France vichyste. »

Voir l’article au complet.

 

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Barbares mous et mondes exténués chez Jérôme Ferrari

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Le sermon sur la chute de RomeLaissez-vous inonder par une écriture insinuante, envahissante, le phrasé de Jérôme Ferrari qui s’étire et vous enrobe, tel un fluide dont vous n’arriverez pas à vous défaire avant d’avoir terminé Le sermon sur la chute de Rome.

« Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes. Mais nous pouvons guetter les signes de leur fin. »

C’est exactement le propos du livre ; guetter les signes de la fin de mondes épuisés, comme la Rome du Vème siècle saccagée par les Wisigoths d’Alaric.

Le sermon sur la chute de Rome, prononcé par Saint Augustin dans sa cathédrale africaine d’Hippone le 4 décembre 410 sert de fil conducteur. C’est la fin d’un monde, dans la fureur et le sang : Rome n’est plus, détruite en trois jours non par une grande armée mais par de médiocres barbares.

Ces mêmes barbares dont le fil ténu de l’existence, entre inconsistance et lâcheté, goût du lucre et naïveté, vont contribuer à la destruction du monde immobile d’un village de Corse.

Les amis d’enfance Matthieu Antonetti et Libero Pintus abandonnent leurs études pour reprendre un bar qui périclite dans leur village de Corse.

Argument ténu, improbable cheval de Troie pour la destruction d’un monde que ces deux antihéros : Libero le meneur, plein d’un universel mépris englobant Saint Augustin son sujet de mémoire et Matthieu le suiveur, qui a choisi Leibniz et « l’inconcevable pyramide des mondes possibles ».

Les deux amis se sauvent ,dans tous les sens du terme, en Corse.

Le canevas du livre est en place : Saint Augustin, une forteresse, les mondes possibles et de préférence heureux, la destruction compagne de la création.

Les personnages et les époques se télescopent : le grand-père de Matthieu, Marcel, – mêmes initiales, même absence de destin mais calquée sur l’histoire coloniale de la France – , sert de double à son petit-fils pour lequel il n’a que mépris. C’est lui qui prête à son petit-fils l’argent nécessaire à l’installation dans le bar, non par amour mais pour le plaisir de le voir se détruire.

Histoire familiale compliquée où l’amour n’est pas la carte maîtresse, arrière-plan incestueux courant tout au long du roman. Le père et la mère de Matthieu sont cousins germains, élevés comme frère et sœur dès les premiers mois de la vie par la sœur de Marcel dont la très jeune femme est morte dans les colonies. Cette notion d’inceste reparaît lorsque Matthieu dort avec les deux serveuses du bar, « des sœurs dont le baiser incestueux exhalait des parfums de suave rédemption ».

Peut-on parler de personnages face aux êtres inconsistants qui peuplent de leur mollesse ou de leur mépris ce roman dont on n’arrive pas à se détacher ? Peut-être l’ombrageux Libero, mais cela ne lui portera pas chance car il sera l’instrument du destin. Peut-être la jeune femme lumineuse et stupide de Marcel. Peut-être surtout Aurélie, la sœur de Matthieu, le soutien de ses parents et de son grand-père, à la recherche de la cathédrale de Saint Augustin, Aurélie qui incarne les valeurs traditionnelles de responsabilité et qui fustige la lâcheté béate de son frère.

Les mondes se croisent, les valeurs s’effondrent, rongées par l’acide de la jouissance individuelle ou les miasmes du colonialisme.

Pas sûr que la conclusion optimiste du Sermon de Rome, fondée sur une foi d’airain, convienne à notre époque et à Jérôme Ferrari.

Reste un roman magnifique, dans l’air du temps du catastrophisme ambiant, mais avec un ton si particulier, si personnel, qu’il faut absolument le lire.

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Salon du livre du Grand Lancy

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Que faire le dimanche 4 novembre de 10 heures à 17 heures?

Rendez-vous au salon du Grand Lancy dans la banlieue de Genève et retrouvez-moi  au stand des Amis du Vieux Lancy, où je  présenterai Mission et calvaire de Louis Favre .

Il paraît que c’est une toute petite table, j’ajoute qu’elle est apparemment pleine de gens sympathiques. Je vous attends avec plaisir, derrière cette toute petite table, avec la biographie d’un très grand homme.

A très bientôt!

 

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« Le jeudi des retraités »

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Marie-Hélène et Nicole

Marie-Hélène et Nicole

Cela fait très longtemps que je fréquente la bibliothèque d’Annemasse et presque autant de temps que j’admire le travail des bibliothécaires pour faire de cet endroit un lieu de vie pour tous, petits et grands, jeunes ou vieux.

Marie-Hélène Lacroix anime nombre de réunions, en particulier « le jeudi des retraités » tous les premiers jeudis du mois.

 Ce jeudi 4 octobre ils étaient venus nombreux, si nombreux qu’il a fallu trouver d’autres chaises et que certains sont tout de même restés debout.

Ils étaient venus écouter une conférence sur Louis Favre, le héros de la région d’Annemasse, fusillé en juillet 44 dont j’ai écrit la biographie.

Ce n’était pas vraiment avec moi qu’ils avaient rendez-vous mais avec leur jeunesse ou leur enfance :

– J’étais à l’école avec la fille du colonel Groussard…

– Je me souviens bien du jour de l’arrestation de Louis Favre…

– C’était quelqu’un de vraiment exceptionnel!

Ce fut un moment très particulier pour moi, cette conférence du 4 octobre à la bibliothèque d’Annemasse.

J’avais préparé mon texte mais très vite j’ai été portée par leur émotion.

Ceux que j’avais en face de moi revivaient ce que je leur racontais. Car j’ai raconté plus qu’énuméré, j’ai raconté cette dure période qu’ils avaient si bien connue et leurs yeux tour à tour rieurs ou embués de larmes me portaient. J’oubliais mon texte, répondais à leurs questions, attentive à ce qui vivait là, en face de moi.

Public attentif et vivant

Public attentif et vivant

Moment rare, émotion exceptionnelle.

Ce qui devait durer une demie-heure suivi par des questions a duré presque deux heures. Deux heures où ils ont oublié les atteintes de l’âge, le temps ressuscité de leur jeunesse pendant des temps historiques et dramatiques. Ils n’ont pas vu passer le temps, m’ont-ils dit, plutôt ils sont revenus à ce temps qu’ils ne qualifiaient pas de « bon ».

Leurs messages plein de reconnaissance, je ne les oublierai pas et je les remercie à mon tour de ce moment exceptionnel à la bibliothèque Goy, dans le coin des enfants.

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