Archives pour la catégorie Photos

Juno et la danse des nuages de Jupiter

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La sonde Juno (nom latin de Junon, la sœur-épouse de Jupiter) est partie pour un immense voyage il y plus de six ans, le 5 août 2011. Six longues années qui l’ont menée de l’orbite de Mars avec retour vers la Terre avant d’être relancée comme une balle de ping-pong vers Jupiter, sa destination finale.

Elle s’est positionnée en orbite autour de la planète gazeuse, désormais au point le plus proche de Jupiter, et survole les couches nuageuses externes à une distance d’à peine 5000 kilomètres.

Les images qu’elle nous transmet et que la NASA relaie sont absolument magiques.

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Une danse de créatures ondulantes qui virevoltent en un lacis étrange,

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dans la partie gauche de l’image une créature proche d’une fouine darde deux yeux dorés pendant qu’un petit soleil virevolte sous ses pattes

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pendant que d’autres créatures se mêlent d’une façon légèrement obscène. Nuages ? Danse étrange de formations inconnues, mais images fabuleuses que je vous encourage à contempler sur le site New atlas qui relaie les images de la NASA. Une quarantaine d’images pour rêver, se troubler, s’émerveiller de la diversité des mondes inconnus.

Le travailleur qui mendie

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VM 11

Il est d’une maigreur extrême, il baisse les yeux. Il ne vit pas dans la rue : sa veste est très propre, sa casquette aussi. Rien de déchiré, d’abîmé. Il est sans doute marié, sa tenue trahit les soins d’une femme qui tient à sa dignité.

Son teint hâlé de travailleur en plein air, les muscles crispés de sa mâchoire, tout indique que jamais il n’aurait dû se retrouver là, à tendre sa misérable et dérisoire sébile de carton posée sur sa canne blanche. Canne d’aveugle suite à un accident de travail ? Impossible de le déterminer.

Restent le désespoir et la honte de cet homme, ce travailleur penché en avant, le dos parallèle à sa canne. Vivian Maier s’est peut-être mise à genoux (elle est grande) pour saisir la lumière éclatante qui descend depuis le cadre d’aluminium situé à l’arrière du mendiant, continue sur la lame de sa chemise, revient sur le gobelet et la canne. Une lumière plus douce tombe sur la casquette, le col et les épaules. À sa gauche, dans l’ombre noire d’un bâtiment obscur dont la porte est ouverte, trois mystérieux trous de lumière.

Cet homme est aussi désespéré que le clown qui n’arrive pas à sourire, mais si les deux hommes sont brisés, c’est de manière différente. Le clown respirait la solitude. Notre travailleur, lui, doit porter les soins, l’amour et l’angoisse de sa compagne.

Dans les deux cas, Vivian Maier essaie de leur rendre, à travers cette lumière qui les magnifie, leur dignité laminée.

Le clown désespéré de Vivian Maier

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V.M.7

C’est un clown traditionnel, un Auguste, celui avec une boule rouge au bout de son nez, avec un chapeau ridicule, celui qui doit mettre en valeur et gêner à la fois le Clown blanc, le maître du jeu. L’Auguste prend des claques, fait des galipettes, des bruits grotesques et se moque du Clown blanc. Il fait rire les enfants par sa roublardise, ses immenses chaussures et ses maladresses.

Le clown de la photo de Vivian Maier ne fait rire personne.

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Le géant qui fixe le ciel

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bronzette

Il est allongé là depuis plusieurs saisons.

Le squelette dépouillé de l’arbre qu’il fut encombrait le pré et le regard. L’image de la mort : la tempête eut pitié. Le paysan le débita sur place, mais, troublé par les branches et leurs formes si émouvantes, il mania la tronçonneuse comme un sculpteur le ciseau à bois.

Artiste-paysan, voilà ce qu’il devenait sans le savoir. C’était plus fort que lui, impossible de débiter l’arbre mort en bûches, ces contours anguleux lui parlaient, ce n’était pas du bois, non, quelque chose de vivant, d’intime.

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Les enfants qui traversaient le mur

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C’était la fin d’une journée épuisante au Chelsea Flower Show de Londres, le moment où, gavé des prouesses architecturales des plus grands créateurs de jardins de Grande-Bretagne, épuisé par les excès de fleurs, d’originalité et de poésie savamment orchestrés, anéanti par le brouhaha et les mouvements de foule, le visiteur n’aspirait qu’au vide et au silence.

Le reflux s’amorçait, les émerveillements avaient fait place à la lassitude et la rumeur s’amenuisait, remplacée par des pas traînants à la recherche de la sortie de la manifestation. Qui prenait le temps de regarder les dernières installations ?

Ce fut alors que je le vis, ce pavillon néo-grec bordé de chaque côté par un muret de pierre sèches, un mélange bizarre de cottage et de folie de jardin, submergé par les fleurs, bien sûr… Mais il y avait quelque chose d’incongru et d’une violence terrible : des enfants grandeur nature voulaient franchir l’espace séparé par des murets, des statues de bois si réalistes, si tragiques dans cet environnement fleuri et un peu mièvre que je n’ai pas pu avancer plus loin. Une fille avait réussi à traverser le mur droit avec son torse et tendait la main vers celle qui voulait la saisir. passage

C’était pour moi la métaphore violente des migrants qui essaient de traverser à la nage l’océan de notre indifférence et de notre méfiance. Ils oscillaient entre la noyade et l’espoir, tendant la main à travers le mur à la recherche de la main, du côté de la sécurité. Pour moi, l’espace sablé entre les deux murs représentait la mer. Lire la suite