Archives pour la catégorie Divers

Proposition numéro deux : la découverte

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Vous avez fait l’inventaire précis de votre chambre, bravo ! Vous avez constaté que cela vous a donné envie de faire quelques rangements, la période semble propice à l’exercice… Plutôt que de ranger pulls et pantalons par couleurs ou matières, stimulé par l’inventaire, vous avez remué les meubles, vidé les tiroirs et trouvé… quoi au juste ? Un bijou ? Une photo ? Une lettre ? Un dessin ? Un mot d’amour ? À vous de le déterminer.

Racontez cette découverte : les circonstances, les gestes, et enfin cet objet que vous n’attendiez pas ou plus et qui vient bouleverser votre quotidien, réveiller vos souvenirs.

Cette fois, pas question d’un inventaire, nous sommes dans l’action et surtout l’émotion, et cette émotion, qu’elle soit positive ou négative, vous devez nous la faire partager.

Une seule contrainte : ne faites pas le portrait de la personne à laquelle ce que vous avez trouvé vous fera penser, parce que cela entrera dans le cadre de la proposition numéro trois…

À vos plumes et claviers !

Atelier d’écriture ludique

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Certains d’entre vous m’ont fait le reproche suivant : je ne publie plus grand chose en ce moment. C’est exact. Ce n’est pas que je ne lise pas, mais je n’ai plus envie d’analyser, proposer, c’est comme si l’enthousiasme était inversement proportionnel avec la montée du Covid-19 qui envahit notre vie.
À ce sujet, j’ai décidé de me secouer un peu et de vous proposer, amis lecteurs, amies lectrices, un atelier d’écriture qui durera le temps de notre confinement à tous. Et où nous trouvons-nous souvent ? Dans notre chambre ! Cela a déterminé ma première proposition d’écriture destinée en priorité à mes concitoyens de Pers-Jussy, et à toute personne qui a envie d’écrire et d’affiner son regard sur ce qui l’entoure.

Proposition numéro un : inventaire de ma chambre

Je devine votre perplexité, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? Pour vous débloquer, je vous propose un exemple tiré d’un texte de Georges Perec :

Il y avait du linoléum sur le sol. Il n’y avait ni table, ni fauteuil, mais peut-être une chaise sur le mur de gauche : j’y jetais mes vêtements avant de me coucher ; je ne pense pas m’y être assis : je ne venais dans cette chambre que pour dormir. Elle était au troisième étage de la maison, je devais faire attention en montant les escaliers quand je rentrais tard pour ne pas réveiller la logeuse et sa famille.

Comme un mot ramené d’un rêve restitue, à peine écrit, tout un souvenir de ce rêve, ici, le seul fait de savoir (sans presque même avoir eu besoin de le chercher, simplement en s’étant étendu quelques instants et ayant fermé les yeux) que le mur était à ma droite, la porte à côté de moi à gauche (en levant le bras, je pouvais toucher la poignée), la fenêtre en face), fait surgir instantanément et pêle-mêle, un flot de détails dont la vivacité me laisse pantois.

Georges Perec, Espèces d’espaces, Galilée, 1974

Attention, proposition n’est pas imitation ! Soyez naturels, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, les premières phrases que vous écrirez seront brèves, nous sommes dans un inventaire, ne l’oubliez pas ! Nous ferons plusieurs exercices de ce genre si cela vous convient, avant de nous lancer dans des approches plus personnelles du texte.

Pour vous aider, toujours, posez-vous les questions suivantes : la nuit ou le jour ? les meubles ou les objets ? l’été ou l’hiver ? ce qui est visible ou ce qui est caché ? Ce qu’on voit de la fenêtre ? les bruits de la journée quand on y est, les bruits du dimanche, de la nuit… Les détails qu’on ne voit plus depuis longtemps (défauts du sol, inventaire des objets fixes, poignées de la porte et de la fenêtre, organisation du placard). Les fissures au plafond et le monde qu’on y crée. Tout ce qui fait que c’est notre chambre et pas une autre.

Précision importante: rien de ce qui est privé ou indiscret ne doit traverser le texte !

Les malheurs d’Ultima Thulé et de la NASA

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Comme ils font rêver, les défricheurs de mondes inconnus, les obsédés de l’ailleurs, ceux qui veulent outrepasser les limites du monde connu, atteindre le point ultime de la connaissance ! Ils séduisent les penseurs, mais inquiètent ceux qui restent enfoncés dans la glèbe. On les nomme aventuriers, avec tout ce que ce vocable comporte de mélange de fascination et d’opprobre.

Le premier grand découvreur de mondes inconnus était un scientifique reconnu de son époque, mathématicien et astronome ; il s’appelait Pythéas et vivait à Massilia, l’antique Marseille, au IVe siècle avant notre ère.

Avant son ou ses voyages, car on ne sait pas encore avec certitude s’il n’y en eut pas au moins deux, Pythéas avait déterminé la latitude de Massilia avec tant de précision que la ville servit de point de départ à la première cartographie de la Méditerranée et de l’Europe.

Le savant est déjà âgé – il a environ cinquante ans – lorsqu’il est mandaté par l’oligarchie marchande de sa ville pour entreprendre un immense périple : il doit trouver de nouvelles voies maritimes pour le convoyage de l’étain et de l’ambre. L’explorateur accepte, officiellement pour trouver des débouchés commerciaux, mais en réalité pour vérifier si ses calculs de latitude et ses théories scientifiques sur la variation de la durée du jour sont exacts. Lire la suite

Rencontres au sommet : Patrick Gabarrou et consorts

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La plupart des séances de dédicaces dans les librairies donnent lieu à de riches échanges, mais vendredi passé, à la librairie Jules et Jim à Cluses, ce fut particulier. C’était le rush des cadeaux de Noël, le moment où chacun(e) s’active à trouver le livre qui fera plaisir à la personne que l’on aime. Aucune solitude malgré la pluie diluvienne pour l’écrivain devant sa petite table.

Une dame s’est approchée : son mari était alpiniste, elle voulait lui offrir L’Envol du sari. Une autre écoutait. Lorsque la première m’a demandé si j’avais rencontré des alpinistes, je lui ai parlé de l’une des premières versions du roman où je mentionnais Patrick Gabarrou, « l’homme aux trois cents premières ». La deuxième personne est intervenue : elle connaissait bien le guide dont je venais de parler, son père avait fabriqué les premiers crochets en aluminium qui ont remplacé les crochets en fer forgé, et c’est Patrick Gabarrou qui les avait testés ! Nous nous sommes mises à échanger, toutes les trois ; je ne connais rien à la haute-montagne, j’ai le vertige, et là, en face de moi, deux femmes dont la montagne était partie intégrante de leur vie… Qu’est-ce que cela fait au quotidien d’être l’épouse d’un guide de haute-montagne ? Qu’est-ce que cela fait de voir la vie de toute sa famille tourner autour de la montagne ? Lire la suite

Les champions de la dédicace et les autres

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Dédicace-Birmann_AnthyComme je vous admire, ô vous, les champions de la dédicace, les marathoniens qui passez de librairie en librairie, sautez de train en train et parcourez la France avec l’allégresse du vainqueur, celui qui, toujours aussi frais malgré le rythme épuisant, affiche le sourire éblouissant de celui qui semble découvrir son premier lecteur.

Je n’appartiens pas à cette race des seigneurs à la foulée élégante et racée, je suis plutôt le genre petite foulée et chevilles fragiles, vite essoufflée par le sport en général et celui de la dédicace en particulier.

Hier samedi, j’ai dû me secouer un peu : allons, deux dédicaces, une le matin, une l’après-midi, et dans le même secteur, ce n’est tout de même pas la mer à boire ! L’argument de mon coach compagnon de toujours semble raisonnable, mais je traîne un peu les pieds :

— On part si tôt ? C’est pour dix heures, et tu sais, les gens ne courent pas les librairies de bon matin, surtout dans une zone commerciale…

— Tu as pensé aux gilets jaunes ? Les ronds-point de Thonon seront peut-être occupés.

J’ai oublié les gilets jaunes, ces frères en révolte, ces oubliés qui voudraient qu’on voie qu’ils existent. Vite, le sac, le manteau et les chaussures. Sur le trajet un imprévu redoutable : la foire de la Saint Martin à Bons-en-Chablais, où coule une population matinale et réjouie devant la fête populaire et où nous attend une très très longue déviation de contournement.

L’époux a toujours été du genre testéroné au volant de sa voiture, et son sens de l’orientation va faire mieux que les panneaux jaunes qui nous empêchent d’aller dans la direction de Thonon, mieux que ce malheureux GPS dont il n’a suivi aucune indication dès le départ, il va trouver la petite route qui nous sauvera du retard. Lire la suite