Tourisme humanitaire et gros sous

Shares

Les vacances vont commencer, pourtant vous n’avez plus envie de bronzer sur une plage avec un œil sur un roman policier et l’autre sur les excitantes voisines de serviette. La misère à un jet des plages de rêve, la pauvreté choquante des pays visités, la lassitude du tourisme de masse, tout vous pousse vers autre chose.

Vous êtes mûr(e)s pour l’éco-tourisme ou pire le volontourisme selon le mot-valise anglais. L’éco-tourisme dans nos contrées ne fait aucun dégât. Il n’en est pas de même de ce tourisme humanitaire en pleine expansion. Vous trouverez ci-dessous une image tirée de l’excellent et très drôle site Barbie Savior sur Instagram qui se moque du volontourisme et de ses dégâts. Barbie1

Jetez un œil sur internet et vous trouverez abondance d’organismes qui vous proposent de participer à l’éradication de la misère ou de l’ignorance. Leur argumentaire est magnifiquement construit et explore notre mauvaise conscience d’Occidentaux. Ces organismes oublient d’écrire qu’ils sont en fait des associations à but (très) lucratif ou des agences de voyage spécialisées.

C’est le secteur qui connaît le plus fort développement de l’industrie touristique, le plus rentable aussi. Cela se chiffre en milliards d’euros, avec des marges bénéficiaires de 30 à 40 % contre 2 à 3 % pour les agences traditionnelles. Cela pourrait être seulement une attrape-gogos comme une autre ; après tout le type qui rentre le dos cassé d’avoir dormi sur le sol avec la satisfaction d’avoir partagé la vraie vie des pauvres et d’avoir apporté sa pierre à l’édification d’un monde meilleur, cela a un prix. Malheureusement les dommages dans les pays « aidés » sont nombreux. On ne parle pas seulement des écoles démontées et reconstruites la nuit par des professionnels, du travail pris aux locaux, mais aussi de trafics d’enfants, comme au Népal par exemple. Katmandou compte plus d’orphelinats que l’Europe entière…

Certaines entreprises essaient de se démarquer de ces pratiques. L’organisation anglaise Tourism Concern tente de moraliser le secteur, la fondation suisse Nouvelle Planète, de son côté, refuse d’intervenir au Népal.

Au lendemain du tremblement de terre qui a secoué le Népal en avril 2015, Projects Abroad proposait déjà des séjours pour reconstruire le pays, « ne nécessitant aucune qualification particulière ».

De qui se moque-t-on le plus ? Des populations locales gravement éprouvées ? Des jeunes plein d’idéal qui désirent aider ? Des organismes humanitaires qui auront ensuite mauvaise presse ?

Pour plus de renseignements sur ce problème je vous conseille le site sur lequel le Service Volontaire international (association belge à but non lucratif) a expliqué les dangers de cette nouvelle forme de tourisme, et l’article de Courrier international paru en juin 2015.

C’est l’été, (enfin presque !) personne ne vous demande de rester sur votre transat, seulement d’être prudent et de vous renseigner avant de partir ou d’envoyer vos enfants en « mission humanitaire ». L’aide efficace aux populations ne s’improvise pas et nécessite des professionnels entraînés.

L’article de Sciences humaines d’avril 2016 donne des détails édifiants sur certaines pratiques d’organisations qui s’implantent rapidement en France. Le jeune qui veut « aider » va payer le prix fort. Deux mille euros plus le prix du voyage pour faire l’expérience de l’humanitaire pendant les vacances scolaires. C’est plus cher que des vacances ordinaires, mais Volunteering Overseas est fait pour rassurer les parents inquiets car leurs enfants sont totalement pris en main par le personnel, et s’ils décident tout compte fait de ne pas faire d’humanitaire, ils sont libres et repartiront avec leur beau tee-shirt. Les parents paient, en partie pour aider leurs enfants à trouver leur voie, en partie pour ajouter une ligne à leur futur CV, l’humanitaire prouvant, pensent-ils, que leurs enfants sont capables de s’engager.

Ce voyage qui part de très bonnes intentions, ce voyage hors de prix ne concerne qu’une frange très aisée de la population. Le magazine fait très justement le parallèle entre le « grand tour » de formation d’autrefois et cette nouvelle forme de tourisme dont le point de départ est pourtant généreux.

Shares

Un éléphant vert, ça n’existe pas !

Shares

éléphant

Un éléphant vert, ça n’existe pas !

Un éléphant vert paré comme la monture d’un maharadjah, ça n’existe pas !

Un éléphant qui sort d’une élégante maison aux persiennes blanches, ça n’existe pas !

En général, il est vrai, les éléphants ne visitent pas Londres. Même s’ils sont verts et affichent leur coquetterie. Une exception pourtant : durant le Chelsea Flower Show, une des plus importantes manifestations d’horticulture de Grande-Bretagne, les vitrines des magasins se parent de splendides décorations.

D’où cet éléphant de buis haut de deux mètres sorti des rêves exotiques ou de la nostalgie coloniale d’un pépiniériste créatif qui observe les badauds.

Shares

Couleurs londoniennes

Shares

Londres

Gris, le monde est gris… Votre moral est en berne ? Suivez l’exemple de Londres, adepte des couleurs qui pétillent, et voyez la vie en rose, toutes les nuances de rose : rose chair, rose bonbon, fuschia, magenta, violet qui claque, et par dessus toute cette envolée de bonne humeur, des touches de jaune bouton d’or et de rouge vermeil sans oublier les deux jambes bleu électrique de ce jean qui danse.

Shares

Alzheimer, neuro-imagerie et amour

Shares

La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer que certains appellent pudiquement « la maladie du souvenir » est célébrée (!!!) le 21 septembre. On voit le message : les trois quarts de l’année sont écoulés, changement de saison, comme si l’automne signifiait la saison de tous les désastres. Les futurs retraités apprécieront. Il me semble que s’il fallait choisir une symbolique,  le 21 décembre aurait été plus approprié, le cliché de l’hiver saison morte fait sens. Mais la date était sans doute trop proche de Noël, cela aurait fait mauvais effet au milieu de la grand-messe commerciale.

Quand nous avons dépassé un certain âge, l’âme de l’enfant que nous fûmes et l’âme des morts dont nous sommes sortis viennent nous jeter à poignées leurs richesses et leurs mauvais sorts […]

Marcel Proust exprime à merveille la continuité de la chaîne des générations, mais lorsqu’on est bloqué dans un présent incompréhensible ? Pour les  familles des malades restent les stratégies pour éviter le plus longtemps possible le placement en institution. Supprimer le gaz, surveiller le contenu du frigo, évacuer les produits périmés, mettre partout des affiches pour pallier à la mémoire défaillante, panonceaux pathétiques dans l’armoire de la chambre à coucher, au-dessus de la porte d’entrée, de la cuisinière ou du frigo : le lieu de vie se transforme en jeu de pistes où l’écriture grossie des vieux enfants angoissés sur des feuilles A4 scotchées fait penser aux cailloux du Petit Poucet dans la forêt de l’Ogre. Culottes, pulls, pantalons deviennent de plus en plus faciles à enfiler : des élastique à la place des boutons, des « scratch » plutôt de que des lacets ; vient pourtant le moment où il faut imposer les repas à domicile, les soins, la toilette. Humiliation des uns, culpabilité des autres, épuisement avant la défaite devant cette maladie qui nous rend étrangers ceux que nous aimons.hiver

Les pertes s’accumulent, le monde devient glacial. […] Ce qui est perdu en chemin, c’est soi-même… il n’y a pas de nouveau départ, on ne fait que continuer, sur un chemin de plus en plus étroit. (Ruth Kluger, Perdu en chemin)

Les études en neuro-imagerie montrent que les mêmes zones du cortex préfrontal sont impliquées pour des activités mentales concernant le passé et l’avenir. Se souvenir de notre enfance, de nos actions passées, des gens que nous avons aimés, décider de changer de vie, d’apprendre une langue ou un métier, décomposer nos projets en étapes, prévoir l’avenir, tout cela se trouve dans  les mêmes zones de notre cerveau. Quand celles-ci dysfonctionnent ou ne répondent plus, que reste-t-il de nous ? Nous sommes ce que nous avons accumulé d’expériences, nous sommes nos projets, nous sommes notre passé et notre avenir, le présent n’est qu’un curseur en perpétuel déplacement.

Les cicatrices sont comme les années, elles s’accumulent petit à petit, et tout ça finit par faire un être humain. (Robert Seethaler, Une vie entière)

Un présent qui a perdu tout son sens mais dans lequel les malades continent à vivre. Chaos de souvenirs et de priorités, éclatement de ce qui constituait une personne, bien sûr. Mais aussi parfois l’amour, comme dans la nouvelle Éclaircie, l’amour plus puissant que la destruction, l’amour comme lumière dans la confusion, l’amour guide dans la forêt obscure des signes brouillés.

Cela doit tous nous donner à réfléchir sur les priorités de nos vies.

Je voudrais conclure cet article où la lumière se fait rare par le bouleversant poème d’Aksinia Mihaylova dans le recueil Le ciel à perdre :

Il reste assis des heures dans un fauteuil

discute avec quelqu’un dans la pénombre et en agitant les mains, il renverse le verre de vin sur la nappe blanche qu’on met lors des fêtes :

Un silence rouge.

Après, il déplace le miroir de mur en mur : J’ai perdu ma carte d’identité, dit-il, les jours dans cette saison sont courts, la lumière n’est pas suffisante

et je ne me reconnais plus.

L’amour, vous dis-je, la lumière qui éclaire nos vie du berceau à la tombe.

Shares

Fête des mères : comment éloigner la pluie

Shares

C’est lundi, il ne fait pas meilleur temps qu’hier, il pleut, en plus c’est la fête des mères dimanche prochain et vous ne savez pas quoi offrir à votre maman chérie. Vous êtes si occupé, l’enfance est loin, vous culpabilisez un brin.
Elle approche la soixantaine et ne sait pas trop quoi faire des années qui s’annoncent, vous ne lui avez pas encore offert le statut de grand-mère taillable et corvéable, elle a parfois le blues de la retraite…
Ne cherchez plus : offrez-lui L’Anthogrammate ! Une pinte (anglaise, la pinte, ou munichoise) d’humour, un zeste d’émotion, et votre maman vous regardera avec tendresse : comme vous avez dû chercher pour lui dégotter exactement le livre qu’il lui fallait, vous qui êtes si occupé !

Un seul bémol : il faut vous activer, en le commandant aujourd’hui vous l’aurez jeudi, demain vendredi, etc… Ne ratez pas dimanche.

Shares