« Dépasser la réalité » C’est la devise de la société Family romance à Tokyo. Cette entreprise procure contre rémunération des acteurs professionnels qui prennent n’importe quel rôle dans la vie privée des clients de l’entreprise. Cela va du rôle de père, parfois durant de longues années, à celui de mari, d’amant ou tout autre demande n’incluant aucun crime. Les contacts sexuels sont interdits, tout comme l’investissement affectif, déontologie oblige. Les acteurs et leurs clients suivent un programme très structuré.
Les clients doivent remplir un formulaire très précis indiquant leurs préférences, et les questions vont très loin dans la constitution du personnage. De son côté, l’acteur choisi dispose d’un manuel pour toutes les situations possibles auxquelles il peut être confronté dans son rôle. On imagine que l’outil de travail s’est étoffé au fil du temps et des cas de figures, l’agence Family romance existant depuis huit ans.

L’entretien du fondateur de l’entreprise, Yuichi Ishii, avec un journaliste de The Atlantic, un journal de Washington, est relayé cette semaine par Courrier International. Yuichi Ishii raconte certaines situations cocasses ou douloureuses, d’autres typiquement nipponnes, comme lorsqu’un employé doit se répandre en excuses pour une erreur commise. Un acteur prend la place du fautif, et nous, spectateurs, nous nous retrouvons dans le film tiré du livre d’Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements. La même scène ritualisée de la personne agenouillée, humiliée, insultée, la même violence.
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Voilà un beau roman, intense, loin des bavardages et des récupérations historiques commodes (et payantes). Voilà un roman qui ne pouvait pas plaire à tous puisqu’il reconstitue l’histoire d’une famille de harkis à travers trois générations, et bien sûr, à travers celle-ci, l’histoire de la décolonisation de l’Algérie et la façon dont la France a traité ceux qui l’avaient servie. Ce roman ne pouvait donc obtenir le prix Goncourt, malgré sa force et sa vérité. L’histoire ne se répète pas, vraiment ? La France a refusé il y a peu le droit d’asile à des interprètes afghans dont la mort était assurée s’ils restaient dans leur pays.
C’est la nuit, c’est l’hiver. Il neige et il vente si fort qu’il a fallu se battre pour fermer les volets. La maison se calfeutre et ses habitants aussi.