Le silence de mon père est une quête du père à travers souvenirs et éléments troublants qui mènent l’auteur de quête à enquête. Il est vrai que nous ne connaissons de nos parents que le reflet laissé par notre enfance, que par les échos et souvenirs qu’ils ont bien voulu laisser franchir le mur du passé.
La journaliste d’investigation Doan Bui a mis longtemps avant de se plonger dans le passé de son père, médecin taiseux si différent de sa femme exubérante. Les parents d’origine vietnamienne semblaient s’opposer sur tant de points : le père n’avait jamais pu se départir de son fort accent vietnamien alors que sa femme avait fait ses études dans une école française et parlait le français sans accent. Leurs cinq enfants les rapprochaient, et leur volonté farouche de réussite scolaire ; la religion de l’école comme instrument d’insertion sociale. Continuer la lecture

Cela ne se passe pas toujours ainsi. Il y a un peu plus d’une semaine, ma bibliothèque préférée annonçait une rencontre exceptionnelle avec la journaliste Doan Bui. La jeune femme d’origine vietnamienne, grand reporter au Nouvel Obs, a obtenu le prix Albert Londres 2013 pour son reportage Les Fantômes du fleuve sur les immigrés qui essayent de pénétrer en Europe par la Turquie, via la Grèce.
Ce petit livre si dense, si personnel de Maryline Desbiolles me trouble profondément.
Lire Reconnaissance de Pierre Péju, c’est pénétrer dans un pays dont on aurait oublié les paysages et les retrouver grâce à la clarté et la netteté cruelle du style, la beauté de l’agencement des mots. Nous voilà enfin en pays de connaissance ou de re-connaissance, rivière douce et cruautés diverses, paysage enchanteur ou angoissant, nous voilà revenus dans notre pays, notre enfance chahutée ou cruelle, avec ses personnages improbables, mais chacun sait que la réalité dépasse la fiction.
Anita Ross s’est jetée sous le métro d’Helsinki, mais absolument rien ne laissait prévoir un geste désespéré, et sa fille Norma se lance dans la recherche de la vérité.