Voici une uchronie purement littéraire et souvent jouissive répondant à l’une des nombreuses zones d’ombre de l’histoire : qu’est devenu François de Montcorbier alias François Villon après la commutation, le 5 janvier 1463, de sa peine de mort par pendaison en dix ans de bannissement par le parlement de Paris ?
L’auteur imagine que le jeune roi Louis XI, admirateur du poète et conscient de ses dons pour dynamiter l’ordre établi, va utiliser sa renommée et son côté rebelle pour lutter contre l’influence du pape.
Notre poète mauvais garçon est libéré de son pourrissoir après un entretien avec l’évêque de Paris, émissaire du roi. Secondé par Colin, son acolyte coquillard râleur, le poète va entreprendre un long périple qui le mènera en Terre Sainte à la découverte d’une étrange société secrète juive, la Confrérie des chasseurs de livres. Elle existerait depuis des siècles, collectant aussi bien des écrits grecs anciens interdits par l’Inquisition que les dernières paroles du Christ. Cette puissante société secrète aurait des ramifications dans tout l’Occident, et elle entend bien dynamiter le pouvoir temporel du Pape.
Continuer la lecture
Raphaël Jerusalmy
Actes Sud, août 2013, 320 p., 21 €
ISBN : 978-2-330-02261-7

Le silence de mon père est une quête du père à travers souvenirs et éléments troublants qui mènent l’auteur de quête à enquête. Il est vrai que nous ne connaissons de nos parents que le reflet laissé par notre enfance, que par les échos et souvenirs qu’ils ont bien voulu laisser franchir le mur du passé.
Cela ne se passe pas toujours ainsi. Il y a un peu plus d’une semaine, ma bibliothèque préférée annonçait une rencontre exceptionnelle avec la journaliste Doan Bui. La jeune femme d’origine vietnamienne, grand reporter au Nouvel Obs, a obtenu le prix Albert Londres 2013 pour son reportage Les Fantômes du fleuve sur les immigrés qui essayent de pénétrer en Europe par la Turquie, via la Grèce.
Ce petit livre si dense, si personnel de Maryline Desbiolles me trouble profondément.
Lire Reconnaissance de Pierre Péju, c’est pénétrer dans un pays dont on aurait oublié les paysages et les retrouver grâce à la clarté et la netteté cruelle du style, la beauté de l’agencement des mots. Nous voilà enfin en pays de connaissance ou de re-connaissance, rivière douce et cruautés diverses, paysage enchanteur ou angoissant, nous voilà revenus dans notre pays, notre enfance chahutée ou cruelle, avec ses personnages improbables, mais chacun sait que la réalité dépasse la fiction.