Carine Fernandez est pour moi un des très grands auteurs de ce siècle, elle tisse une œuvre forte et rare, loin du battage médiatique. Est-ce une raison d’ignorer son grand talent ? Son écriture magnifie la moindre des descriptions, installe le lecteur dans son univers très personnel. Le Moyen-Orient la taraude depuis longtemps, un Orient vernaculaire, intime, des Mille et une nuits populaires où les femmes s’ennuient et où les hommes tendres ne se reconnaissent pas dans le miroir qu’on leur tend. Vous avez sans doute de beaux souvenirs de La servante abyssine ou du châtiment des goyaves.
Mille ans après la guerre explore un tout autre registre, comme si, après avoir beaucoup décrit les pays où la très jeune Carine avait fui l’ennui de la campagne française et l’oppression de parents réfugiés espagnols trop sévères, elle revenait à l’origine, cette guerre d’Espagne qui a conditionné l’exil de ses parents et l’atmosphère de son enfance. Continuer la lecture
Carine Fernandez
Les Escales, septembre 2017, 246 p., 17,90 €
ISBN : 9782365692670

Cinq minutes que j’ai regagné mon fauteuil. Musique. J’avais oublié le vert tendre de l’herbe, son insolence pointue quand la tondeuse a oublié de sévir. Du vert, du jaune, du noir, du rouille aussi par les fenêtres de mon bureau. Je serai passée du printemps à l’automne, par-dessus un été trop difficile où les couleurs de la vie ne m’ont pas attendue.
Avez-vous lu Le grand marin de Catherine Poulain, ces OVNIS littéraires, le livre et l’auteur, coqueluches des médias de l’année 2016 ?
Voici une uchronie purement littéraire et souvent jouissive répondant à l’une des nombreuses zones d’ombre de l’histoire : qu’est devenu François de Montcorbier alias François Villon après la commutation, le 5 janvier 1463, de sa peine de mort par pendaison en dix ans de bannissement par le parlement de Paris ?