Voici un roman dont la petite musique entêtante vous atteindra au cœur et vous poursuivra longtemps, et dont le beau titre un peu mystérieux – Sans compter la neige – trouvera de multiples implications.
On pourrait dire très grossièrement que nous nous trouvons devant un énième roman d’apprentissage : Russell Fontenot va être père et rejoint la maman à la maternité en se remémorant son enfance avec le vieux comme il appelle son père, et ses années universitaires. Du classique ? Très vite on se rend compte qu’on se trouve au-delà des clichés de la découverte de l’amour et des désillusions.
Ce beau roman dense est un peu comme un mille-feuilles gonflé d’amertume, de tristesse, d’amour et d’amitié.
Deux personnages s’imposent d’emblée dès le début du roman. Le père tout d’abord, Courville Fontenot, évoqué dès les premières lignes du texte à travers la destruction de son garage par son fils Russell, le narrateur héros du texte. Puis la femme de l’histoire : Jennie téléphone à trois heures. Le bébé s’annonce et Russell quitte son travail. Le roman sera rythmé par l’avancée du jeune homme en direction de la maternité, longue route semée d’embûches comme autant de stations accompagnant la privation des repères familiers : la perte du portable et la neige qui efface tout, mettant Russell face à lui-même et aux fantômes du passé. Continuer la lecture

Voilà ce qu’il écrit au début de
Michel Houellebecq poursuit son introspection sexuelle et amoureuse entamée il y a fort longtemps maintenant. On retrouvera donc dans Sérotonine les ingrédients habituels qui forment peut-être le terreau d’une partie de son lectorat, à savoir une sexualité féminine un peu dévoyée. Pas question que le mâle occidental présenté au fil du temps soit adepte de l’homosexualité ou des amours bestiales, toutes les perversités décrites avec moult détails, ce sont les femmes qui les pratiquent. Dans le cas de Sérotonine, il s’agit de la jeune amie japonaise du narrateur, et les détails nauséeux intéresseront les amateurs.
Elle explorait dans
Le patriarche de la famille Bahahmar, Talal, se distingue du reste de la famille par sa tendance à l’érémitisme. Il possède bien sûr un palais, il en a fait construire pour chacune de ses femmes, d’ailleurs, car Talal a la passion de la monogamie : une seule femme à la fois, avant une répudiation très facile ; une seule, à l’exception de sa première épouse, Mama Aïcha, qu’il n’a jamais répudiée et qui s’occupe de sa mère, Sitt Fatma. Talal ne se sent jamais mieux que dans la ferme de sa palmeraie, à arroser son jardin ; un lieu spartiate sans électricité ni internet où il a la paix, loin des tracas de sa nombreuse famille.