Archives de l’auteur : Nicole Giroud

Proposition numéro trois : le hasard vient tout bouleverser

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Proposition numéro trois

Cette découverte vous projette dans le passé ; repensez à cette période où vous étiez heureux et où un événement a changé le cours des choses. Racontez-le.

Si cette situation nouvelle a été provoquée par une personne, et non un événement comme celui que nous vivons en ce moment, vous pouvez faire le portrait de celle-ci.

Dans tous les cas, vous démarrez avec la découverte, vous faites un détour par des événements passés avant de revenir à l’instant présent.

Proposition numéro deux : la découverte

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Vous avez fait l’inventaire précis de votre chambre, bravo ! Vous avez constaté que cela vous a donné envie de faire quelques rangements, la période semble propice à l’exercice… Plutôt que de ranger pulls et pantalons par couleurs ou matières, stimulé par l’inventaire, vous avez remué les meubles, vidé les tiroirs et trouvé… quoi au juste ? Un bijou ? Une photo ? Une lettre ? Un dessin ? Un mot d’amour ? À vous de le déterminer.

Racontez cette découverte : les circonstances, les gestes, et enfin cet objet que vous n’attendiez pas ou plus et qui vient bouleverser votre quotidien, réveiller vos souvenirs.

Cette fois, pas question d’un inventaire, nous sommes dans l’action et surtout l’émotion, et cette émotion, qu’elle soit positive ou négative, vous devez nous la faire partager.

Une seule contrainte : ne faites pas le portrait de la personne à laquelle ce que vous avez trouvé vous fera penser, parce que cela entrera dans le cadre de la proposition numéro trois…

À vos plumes et claviers !

Atelier d’écriture ludique

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Certains d’entre vous m’ont fait le reproche suivant : je ne publie plus grand chose en ce moment. C’est exact. Ce n’est pas que je ne lise pas, mais je n’ai plus envie d’analyser, proposer, c’est comme si l’enthousiasme était inversement proportionnel avec la montée du Covid-19 qui envahit notre vie.
À ce sujet, j’ai décidé de me secouer un peu et de vous proposer, amis lecteurs, amies lectrices, un atelier d’écriture qui durera le temps de notre confinement à tous. Et où nous trouvons-nous souvent ? Dans notre chambre ! Cela a déterminé ma première proposition d’écriture destinée en priorité à mes concitoyens de Pers-Jussy, et à toute personne qui a envie d’écrire et d’affiner son regard sur ce qui l’entoure.

Proposition numéro un : inventaire de ma chambre

Je devine votre perplexité, mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? Pour vous débloquer, je vous propose un exemple tiré d’un texte de Georges Perec :

Il y avait du linoléum sur le sol. Il n’y avait ni table, ni fauteuil, mais peut-être une chaise sur le mur de gauche : j’y jetais mes vêtements avant de me coucher ; je ne pense pas m’y être assis : je ne venais dans cette chambre que pour dormir. Elle était au troisième étage de la maison, je devais faire attention en montant les escaliers quand je rentrais tard pour ne pas réveiller la logeuse et sa famille.

Comme un mot ramené d’un rêve restitue, à peine écrit, tout un souvenir de ce rêve, ici, le seul fait de savoir (sans presque même avoir eu besoin de le chercher, simplement en s’étant étendu quelques instants et ayant fermé les yeux) que le mur était à ma droite, la porte à côté de moi à gauche (en levant le bras, je pouvais toucher la poignée), la fenêtre en face), fait surgir instantanément et pêle-mêle, un flot de détails dont la vivacité me laisse pantois.

Georges Perec, Espèces d’espaces, Galilée, 1974

Attention, proposition n’est pas imitation ! Soyez naturels, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, les premières phrases que vous écrirez seront brèves, nous sommes dans un inventaire, ne l’oubliez pas ! Nous ferons plusieurs exercices de ce genre si cela vous convient, avant de nous lancer dans des approches plus personnelles du texte.

Pour vous aider, toujours, posez-vous les questions suivantes : la nuit ou le jour ? les meubles ou les objets ? l’été ou l’hiver ? ce qui est visible ou ce qui est caché ? Ce qu’on voit de la fenêtre ? les bruits de la journée quand on y est, les bruits du dimanche, de la nuit… Les détails qu’on ne voit plus depuis longtemps (défauts du sol, inventaire des objets fixes, poignées de la porte et de la fenêtre, organisation du placard). Les fissures au plafond et le monde qu’on y crée. Tout ce qui fait que c’est notre chambre et pas une autre.

Précision importante: rien de ce qui est privé ou indiscret ne doit traverser le texte !

Les veuves de Malabar Hill : immersion dans le Bombay de 1920

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Quelle magnifique découverte ! Je ne connaissais pas les toutes jeunes éditions Charleston, et je n’avais jamais entendu parler de Sujata Massey avant que Véronique, la créatrice du  blog Atasi centré sur l’Inde me recommande de lire Les veuves de Malabar Hill de Sujata Massey.

—  L’ombre de Rashna plane dans ce roman, m’écrit-elle.

Reçu vendredi après-midi, le roman de presque cinq cents pages était terminé samedi soir. Terminé ? Non : dévoré avec jubilation, empathie, curiosité, émotion, admiration devant la précision des éléments décrits, tout cela dans le désordre, bien sûr. Une très belle surprise. C’est comme si je retrouvais la grand-mère de Rashna, l’héroïne de mon roman L’Envol du sari : une aïeule aussi impétueuse que la jeune fille qui ruerait plus tard dans les brancards, désirant secouer le joug de cette communauté trop fermée sur elle-même, avec ses contradictions et ses traditions.

Malabar HillL’héroïne de ce roman, Perveen Mistry, est une jeune juriste de la communauté parsie de Bombay ; en fait la seule avocate du barreau de Bombay. Elle travaille dans le cabinet de son père, démêle les successions embrouillées, prépare les plaidoiries, parce que en tant que femme, elle n’a pas le droit de plaider au tribunal. Nous sommes en 1921 dans une Inde où le climat social est agité et où les frémissements de l’indépendance commencent à devenir des vagues.

Perveen va être mêlée à une histoire de meurtre qui commence par un imbroglio juridique : l’époux de trois purdahnashins, c’est-à-dire des femmes musulmanes vivant dans la réclusion, vient de mourir. Quelque chose intrigue Perveen : les trois veuves se dépouillent, ainsi que leurs enfants, au profit d’une fondation caritative, le waqf de la famille. Perveen, en tant que femme, peut leur parler et leur expliquer les implications de renoncement. Ce sont elles, les veuves de Malabar Hill, le titre éponyme du roman. L’affaire va se compliquer lorsque la jeune avocate découvrira le corps du mandataire choisi par le défunt assassiné dans la maison. Lire la suite

Les veuves de Malabar Hill
Sujatta Massey
Traduction de l’américain Aurélie Tronchet
Éditions Charleston, janvier 2020, 496 p., 22,50 €
ISBN : 9782368124949

Les malheurs d’Ultima Thulé et de la NASA

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Comme ils font rêver, les défricheurs de mondes inconnus, les obsédés de l’ailleurs, ceux qui veulent outrepasser les limites du monde connu, atteindre le point ultime de la connaissance ! Ils séduisent les penseurs, mais inquiètent ceux qui restent enfoncés dans la glèbe. On les nomme aventuriers, avec tout ce que ce vocable comporte de mélange de fascination et d’opprobre.

Le premier grand découvreur de mondes inconnus était un scientifique reconnu de son époque, mathématicien et astronome ; il s’appelait Pythéas et vivait à Massilia, l’antique Marseille, au IVe siècle avant notre ère.

Avant son ou ses voyages, car on ne sait pas encore avec certitude s’il n’y en eut pas au moins deux, Pythéas avait déterminé la latitude de Massilia avec tant de précision que la ville servit de point de départ à la première cartographie de la Méditerranée et de l’Europe.

Le savant est déjà âgé – il a environ cinquante ans – lorsqu’il est mandaté par l’oligarchie marchande de sa ville pour entreprendre un immense périple : il doit trouver de nouvelles voies maritimes pour le convoyage de l’étain et de l’ambre. L’explorateur accepte, officiellement pour trouver des débouchés commerciaux, mais en réalité pour vérifier si ses calculs de latitude et ses théories scientifiques sur la variation de la durée du jour sont exacts. Lire la suite